Accélérer les progrès vers les objectifs de santé mentale à l’horizon 2030 en Afrique: la prévention du suicide, la décriminalisation et la route vers le Sommet ministériel du Rwanda
La réunion internationale sur la santé mentale pour l’Afrique de l’Est et australe a fourni une occasion opportune et importante pour les gouvernements, les professionnels de la santé mentale, les organisations de la société civile, les personnes ayant une expérience vécue et les parties prenantes régionales de réfléchir aux progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de santé mentale de la région africaine à l’horizon 2030.
La réunion a mis en évidence des progrès prometteurs dans la région tout en révélant d’importantes lacunes dans le financement, la mise en œuvre, le développement de la main-d’œuvre, les soins communautaires et la responsabilisation. Plus important encore, il a renforcé la nécessité de passer des engagements et des politiques à des mesures mesurables et à l'impact. Une question clé est apparue à plusieurs reprises tout au long des discussions; la prévention du suicide ne peut plus être une priorité négligée en matière de santé publique et de droits de l'homme. Le fardeau croissant du suicide, en particulier chez les jeunes et les hommes, exige une action urgente, coordonnée et soutenue.
Une discussion avec Omona Mercy Gracy, Coordinatrice du Forum parlementaire ougandais sur la santé mentale, a renforcé un message puissant: le suicide est évitable; il n'est pas inévitable.
Cet engagement commun est le moteur du Sommet régional pour la du de qui sera organisé en Ouganda en octobre. Le sommet réunira les décideurs politiques, les professionnels de la santé mentale, les défenseurs, les chercheurs, les partenaires de développement et les personnes ayant une expérience vécue pour renforcer la collaboration régionale et faire progresser les efforts de prévention du suicide à travers l’Afrique.
L'atelier a fermement approuvé le cadre LIFE de l'Organisation mondiale de la santé en tant que feuille de route pratique pour accélérer les efforts de prévention du suicide en Afrique.
Les principales interventions discutées comprenaient les éléments suivants:
● Restreindre l'accès à des moyens de suicide hautement létaux, y compris les pesticides et les substances toxiques;
● Promouvoir des reportages responsables dans les médias et réduire les représentations néfastes du suicide;
● Renforcer les compétences sociales, émotionnelles et de vie des jeunes; ● Améliorer l’identification précoce, l’intervention, le traitement et le soutien psychosocial pour les personnes à risque.
L'importance des systèmes de santé mentale communautaires
Une leçon importante qui a émergé des discussions a été que les progrès durables en matière de santé mentale pour la région africaine ne peuvent pas être réalisés par le biais de services hospitaliers seuls.
De nombreux pays continuent de faire face à des défis associés à la dépendance excessive à l'égard des soins en institution, tandis que les services communautaires de santé mentale restent sous-développés et sous-financés.
Les systèmes communautaires sont souvent le premier point de contact pour les personnes souffrant de détresse psychologique. Le renforcement de ces systèmes peut améliorer considérablement l’intervention précoce, réduire la stigmatisation et accroître l’accès aux soins.
Leadership de l'expérience vécue: aller au-delà de la consultation
Le principe de "Rien” à de a résonné fortement tout au long de la réunion. Les participants d'organisations pour les personnes ayant une expérience vécue ont apporté une expertise unique qui ne peut pas être reproduite par les seules connaissances cliniques. Leurs expériences aident humanizedata, informent la conception de services, améliorent la mise en œuvre des politiques et renforcent la responsabilisation.
Recommandations exploitables pour maintenir l'élan
Pour accélérer les progrès vers les objectifs 2030, l’atelier a généré plusieurs recommandations:
● Les gouvernements devraient élaborer des objectifs mesurables et des cadres de responsabilisation pour accroître le financement national de la santé mentale. ● Les partenaires de développement devraient soutenir le financement durable et investir dans l'assistance technique pour les programmes de santé mentale communautaire. ● Les organisations de la société civile devraient renforcer la sensibilisation du public par le biais d'un plaidoyer fondé sur les droits sur la santé mentale et les réformes de la prévention du suicide.
● Organisations de médias Devraient s'associer à des intervenants en santé mentale pour sensibiliser le public et promouvoir l'information à la recherche d'aide.
En vue du Sommet ministériel mondial sur la santé mentale 2027 à Kigali, au Rwanda
Le sommet est une réunion des ministres internationaux uniquement axés sur la santé mentale. Le prochain Sommet ministériel au Rwanda offre une occasion historique de traduire les engagements en actions sur le continent africain. Les membres de GMHAN ont proposé ce qui
suit comme domaines prioritaires pour les ministères de la Santé à examiner lors du Sommet ministériel mondial sur la santé mentale 2027:
1. Prévention du suicide en tant que priorité continentale: les pays devraient accélérer les réformes visant à éliminer les obstacles juridiques et à assurer la prévention du suicide en tant qu'élément central des stratégies nationales et régionales en matière de santé mentale.
2. Responsabilité pour les engagements existants: Les pays devraient s'engager à accroître les investissements nationaux et à faire rapport sur les progrès réalisés par rapport aux indicateurs et aux engagements mesurables en matière de santé mentale.
3. Renforcement de la main-d'œuvre et du système communautaire: Les investissements devraient donner la priorité aux soins communautaires, à l'intégration des soins de santé primaires et aux systèmes de soutien par les pairs.
4. Leadership en matière d'expérience vécue: Les personnes ayant une expérience vécue doivent être reconnues comme des partenaires égaux dans l'élaboration des politiques, des services et des mécanismes de responsabilisation.
Conclusion
La Réunion internationale a réaffirmé que l’Afrique possède les connaissances, les preuves, l’expertise et les partenariats nécessaires pour transformer les résultats en matière de santé mentale à travers le continent.
Alors que nous nous préparons pour le Sommet ministériel de 2026 au Rwanda, nous devons saisir ce moment pour aller au-delà du dialogue et nous engager à des progrès mesurables. L’avenir de la santé mentale en Afrique dépend de notre capacité à placer les gens, la dignité, les droits de l’homme et l’expérience vécue au centre de notre réponse. Si nous agissons ensemble, nous pouvons accélérer les progrès vers les objectifs de santé mentale à l’horizon 2030 et créer un avenir où chaque personne a accès au soutien, aux soins et à l’espoir qu’elle mérite.